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Jeux paralympiques Londres 2012 : le calvaire des athlètes burkinabè relaté par "The Guardian"


Les cinq membres de l’équipe du Burkina Faso, dont deux athlètes, ont vécu un véritable calvaire lors des jeux paralympiques de Londres, si l’on en croit le site de The Gardian. Arrivée à Londres sans grands moyens financiers, l’équipe n’avait pas d’endroit où aller et aucun moyen de rejoindre son lieu de d’entraînement. Cette participation aux jeux paralympiques aurait tourné court si différents acteurs ne s’était pas mobilisés autour de ces athlètes, relate le journal.

Tout a commencé lorsque Liam Conlon, un jeune volontaire anglais de 24 ans, est allé accueillir l’équipe paralympique à son arrivée à l’aéroport d’Heathrow, en Grande Bretagne. « Ils portaient les couleurs de leur pays, assis sur leurs sacs de voyages, entourés par la police, tandis que les touristes les regardaient et prenaient des photos », a-t-il expliqué au Guardian. Alors, Liam Colon a non seulement décidé de les loger, mais aussi de leur trouver de nouveaux équipements et un endroit pour s’entrainer. C’est ainsi que trois membres de l’équipe ont logé pendant trois semaines dans la famille du jeune homme à Abridge et les deux autres, les femmes, ont été pris en charge par des religieuses à Brentwood.

Pour leur entrainement, l’équipe Burkinabè a bénéficié, selon le journal, de l’aide de l’école de Brentwood, un site de formation pour le pentathlon olympique moderne. Les élèves et les enseignants de cet établissement on même organisé une journée sans uniforme afin de recueillir des fonds pour les athlètes. Un responsable de l’école affirme que les relations entre son école et l’équipe burkinabè se poursuivront au-delà des jeux paralympiques.

Mais un problème n’arrivant jamais seul, les membres de la délégation sont confrontés à une autre difficulté. Une de leur « Handbikes » (vélo de course Ndlr), ne répondait pas aux spécifications pour les épreuves paralympiques. Mais une entreprise vole à leur secours en faisant venir une bicyclette répondant aux normes olympiques depuis la France. « Nous étions vraiment mobilisés pour ces jeux paralympiques », a déclaré Rob Henshaw, le directeur général de la société en question. « Nous nous sommes engagés dans notre métier à trouver des solutions pour rendre la vie des personnes handicapées meilleure, alors cela est normal pour nous de les aider, surtout qu’ils vont participer aux jeux ».

C’est avec plaisir que tous ceux qui ont aidé cette équipe étaient au stade le jour de la course. Ils sont allés soutenir Lassane Gasbeogo qui a participé à la course masculine 64 km de route et le contre la montre, ainsi que la championne d’Afrique Kadidia Nikiema qui a couru sur 48 km. « Nous étions si soulagés et heureux quand Liam nous a accueilli à l’aéroport », a déclaré la coureuse Nikièma et d’ajouter, « il est comme un autre membre de notre équipe et un grand ami au Burkina Faso ». Pour la chef de mission, « cela a été une expérience fabuleuse car sans cette aide, nous ne serions pas ici ».

Notons que Liam Colon connait déjà le Burkina Faso pour y avoir passé deux mois dans le cadre d’un programme initié par le gouvernement anglais. « Au Burkina Faso vous avez des gens qui sont très pauvres, mais qui pourtant sont prêts à vous donner le peu qu’ils détiennent », a expliqué Conlon à la presse britannique. Et d’ajouter que son séjour au Burkina Faso a réellement changé sa façon de percevoir les choses.

(Source : guardian.co.uk)

Elza Sandrine Sawadogo